Recherche jeune femme aimant danser – Mary Higgins Clark

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Résumé :

« Peut-être l’occasion de trouver le prince charmant… » Erin et Darcy estimaient plutôt amusant de répondre aux petites annonces de la rubrique « Rencontres » pour aider une amie à préparer un reportage télévisé. Beau sujet de reportage, en effet : il y a toutes sortes de gens derrière l’anonymat des annonces… Et la romancière de La nuit du renard, Grand Prix de littérature policière, experte en pathologie criminelle, nous entraîne, sur les pas de ses héroïnes, dans un suspense de cauchemar.

 

Hello shining people !

J’ai enfin lu mon premier roman de Mary Higgins Clark. Une auteure réputée pour ses nombreux policiers, un genre que j’aime particulièrement depuis peu de temps. Recherche jeune femme aimant danser est paru en 1991 (mon année de naissance d’ailleurs) et a été adapté en téléfilm et diffusé aux États-Unis en 2001.

L’intrigue dure environ un mois et se déroule à New-York. J’ai bien aimé l’idée, bien qu’elle soit plutôt banale, d’un tueur se servant des petites annonces pour assouvir son besoin d’ôter la vie à des jeunes femmes jolies et aimant la danse. Je suis rapidement rentrée dans l’histoire, il y a beaucoup de descriptions et je me suis vite attachée aux personnages principaux de Darcy et sa meilleure amie Erin. Cependant, je me suis perdue au fil des chapitres avec l’apparition de beaucoup trop de personnages. Ils se ressemblaient un peu tous et après avoir laissé le livre de côté quelques jours, je me mélangeais les noms. Ce n’était pas agréable à la lecture, même si c’est sûrement volontaire, et un moyen de nous perdre parmi tous les suspects éventuels. Mais ça m’a vraiment dérangée, d’autant qu’à la fin du livre, je n’ai pas perçu le lien de certains personnages avec l’enquête. Je reconnais tout de même que l’habileté de l’écriture, m’a menée sur une fausse piste du coupable, et m’a bien surprise à la fin.

Toutefois, j’ai bien aimé le cadre de cette enquête. Tous les personnages sont aisés à très riches, ils possèdent de superbes maisons ou appartements, ils prennent des taxis, vont souvent au restaurant. Ce ne sont donc pas des crimes commis sur fond de misère mais plutôt dans une ambiance luxueuse. L’ambiance est même un peu girly. Entre l’amitié des deux jeunes femmes, leurs métiers, leurs rendez-vous et leurs rencontres avec des hommes plus ou moins séduisants, je trouve que cela en fait un roman assez moderne.

Au début j’ai trouvé l’univers de l’assassin très glauque et puis cela s’est un peu estompé, sûrement grâce à l’ambiance générale clinquante et assez légère. Le côté psychopathe n’est pas tant accentué finalement. Malgré l’enquête pour retrouver ce tueur en série, je n’ai pas vraiment ressenti le suspense. Je n’ai pas réussi à me plonger véritablement dans ce roman et je suis passée à côté surtout à cause de ma confusion dans les différents personnages.

Pour un premier roman de cette écrivaine, je suis donc un peu déçue. Peut-être que si je m’étais plus concentrée dessus et que je l’avais lu plus assidûment je l’aurais mieux apprécié. Je compte dans tous les cas lire un autre de ses romans un jour.

 

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

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 » Certains ne deviennent jamais fou… Leurs vies doivent être bien ennuyeuses. » Charles Bukowski

 

Résumé :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

 

Hello shining people !

J’ai décidé de lire ce livre après avoir vu sa présentation dans l’émission « La grande Librairie », il est sorti ce début janvier, et c’est une belle lecture, très prometteuse, pour un premier roman de cet auteur.

C’est un roman qui m’a chamboulée, je suis passée du rire aux larmes, surtout aux larmes en fait. C’est assez rare que je me laisse à ce point prendre par les sentiments par un livre. Tout au long de ma lecture, j’éprouvais de la mélancolie, de la nostalgie et j’avais un mauvais pressentiment. Certes, c’est aussi drôle et je voulais profiter, rire et voir la vie totalement différemment, être libre comme le sont ces personnages, mais je ne pouvais pas ignorer ce qui planait sur eux. Je tentais de me raccrocher au ton léger et plein d’humour, pour ne pas trouver l’histoire trop triste, mais je n’ai pas pu m’empêcher de réaliser à quel point elle est déchirante. Plus les personnages me paraissaient géniaux et attachants, plus je voyais le petit rien qui clochait chez eux devenir un fléau. Ce grain de folie, qui les rend exceptionnels, dépassé un certain point, devient irréversible. Pour moi c’est ce qui a été le plus dur à supporter, savoir que ce que j’admirais chez eux allait les mener à leur perte.

En effet, les personnages sont tous formidables. Le père, Georges, charismatique et admirable, prêt à tout pour sa femme et son fils, voit la vie comme un jeu. Il parle comme un conteur, il a le sens de la formule et des anecdotes invraisemblables à raconter. La mère, qui porte un nom différent chaque jour (avant-goût de schizophrénie), est douce, elle aime son mari et son fils à la folie, elle vit dans une douce folie. Je me suis un peu identifiée à elle, en tant que femme, pas en tant que mère vu que je ne le suis pas encore, quand elle rencontre son futur mari. Je me disais, elle a raison, elle fait bien d’être un peu folle, je trouvais qu’elle exagérait mais je me disais qu’elle aurait le temps de s’assagir. Puis il y a celui qui raconte cette histoire, le petit garçon, dont on ignore le nom, mais qui est au cœur de cette famille fantaisiste. C’est à travers ses yeux que j’ai le plus ressenti la tristesse. D’abord parce qu’il admire infiniment ses parents et puis parce qu’il se rend compte petit à petit que quelque chose ne tourne pas rond chez sa mère. J’ai trouvé très touchante la façon dont il tente de comprendre et justifier le comportement de ses parents. Sans oublier leur oiseau exotique de compagnie, Mlle Superfétatoire, incarnant la touche loufoque et un caprice supplémentaire de la mère.

Concernant la plume de l’auteur, j’ai eu un peu de mal au tout début, à me faire au style. Mais c’est une très jolie écriture, tout en poésie, jouant avec les mots et les expressions d’une manière très ingénieuse. À tel point que cela donne un rythme musical, comme l’effet d’un refrain, lorsque certaines phrases sont reprises à plusieurs moments. D’ailleurs, « Mr. Bojangles » de Nina Simone, est leur chanson fétiche. Je l’ai écoutée en lisant, et tout l’album en boucle. Je ne la connaissais pas, elle est très belle et a rajouté une dimension à ma lecture, m’immergeant encore plus dans la frénésie. Je trouve l’idée d’associer une musique à un livre judicieuse, car l’empreinte de l’histoire s’ancre d’autant plus dans la mémoire du lecteur.

Ainsi, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, c’est un petit coup de cœur. Je regrette juste qu’il n’ait pas été un peu plus étoffé, j’aurais voulu en lire plus, sur les débuts du couple notamment.

« Afin de m’instruire, mes parents ne manquaient pas d’idées. Pour les mathématiques, ils me déguisaient avec des bracelets, des colliers, des bagues, qu’ils me faisaient tout enlever jusqu’au caleçon pour les soustractions. Ils appelaient cela « le chiffre-tease », c’était d’un tordant. »

FARGO – Saison 2

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Hello shining people !

Je viens de finir la saison 2 de la série Fargo et elle vaut bien une petite chronique. Lorsque j’avais écrit l’article sur mes séries du moment, je l’évoquais alors, et n’étais pas encore convaincue. Il a suffi d’arriver au troisième épisode pour me faire succomber.

Pour rappel, c’est une série américaine, d’anthologie (dont le casting diffère d’une saison à l’autre), créée par Noah Hawley. Elle est basée sur le film « Fargo » des frères Coen, qui en sont également les producteurs. Du genre comédie noire et thriller, elle est composée de 10 épisodes de 40 minutes environ. J’avais adoré le film avant tout puis la saison 1 et j’avais hâte de continuer par la saison 2.

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Les faits qui se déroulent dans la saison 2 datant de 1979, sont antérieurs à la saison 1 où l’histoire se passe en 2006. On revient sur une affaire impliquant l’esthéticienne Peggy Blomquist (Kirsten Dunst) et son mari, le boucher Ed Blomquist (Jesse Plemons) et une grande famille criminelle locale. Le jeune couple va se retrouver malgré lui, en guerre contre cette famille, qui est elle-même traquée par le capitaine Lou Solverson (Patrick Wilson) et son beau-père le sheriff Hank Larsson (Ted Danson). C’est là que le fameux incident de Sioux Falls (évoqué par Lou un des personnages qui figure aussi dans la première saison) aura lieu.

Bien que ce soit une anthologie, il y a un lien entre les deux saisons, puisque les personnages de Lou et sa fille Molly, apparaissaient déjà dans le saison 1 mais 27 ans après.

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Cette deuxième saison se passe dans les années 70, ce qui change vraiment l’ambiance, notamment par la décoration intérieure et le style vestimentaire. En effet, les personnages ont le total look, pantalons pattes d’eph, chemises à grands cols, et coiffures ou coupes de cheveux à la mode de l’époque. Le cadre est ici planté entre les États du Minnesota, du Dakota du Sud et du Nord, dans des villes telles que Luverne, Kansas City et Sioux Falls, offrant de belles images du Nord de l’Amérique frontalière du Canada. J’aime particulièrement ces paysages silencieux, les vastes étendues enneigées et les grandes forêts hivernales, même si je trouve l’atmosphère moins glaçante que dans la saison 1.

En effet, dans cette saison il y a également une vraie chasse à l’homme. Mais comme les personnages « méchants » sont plus nombreux, et sachant qu’il s’agit aussi d’une famille, il y a un côté moins effrayant. Cette fois encore un bon citoyen se retrouve impliqué dans une affaire qui lui tombe dessus et va chambouler sa vie. Il va vite être dépassé, il commet une erreur puis toutes les autres s’enchaînent et il ne peut plus revenir en arrière, ou ne veut plus… C’est un cas de figure qui prête à des quiproquos et des situations un peu déjantées. Les parties qui s’affrontent ne se connaissent pas, et ignorent de quoi chacun est réellement capable. L’ignorance est mêlée au désir de vengeance, ce qui ne peut qu’aboutir à un massacre. Ce qui est amusant c’est de voir les personnages qui en essayant de régler leurs problèmes s’y enfoncent encore plus. Mais parfois, sans le vouloir, ils arrivent à déjouer les mauvaises intentions et à s’en sortir provisoirement.

Enfin, je note surtout les supers jeux d’acteurs. Mention spéciale à Kirsten Dunst, j’ai toujours trouvé que c’était une bonne actrice, ce qui s’est confirmé dans cette série, même si au début son rôle m’agaçait un peu, j’ai beaucoup aimé son évolution. Son mari aussi incarne parfaitement le jeune entrepreneur de classe moyenne un peu simplet, grâce à l’acteur Jesse Plemons, qui jouait d’ailleurs dans un film que j’ai vu il y quelques temps, Strictly Criminal. La famille des Gerhardt est haute en couleurs avec des membres plus extravagants les uns que les autres. Dans le rôle des sales voyous qui m’ont marquée, il y a le fils Dodd Gerhardt joué par Jeffrey Donovan, et l’homme de main du syndicat de Kansas City, à tendance philosophe et très charismatique, Mike Milligan, campé par un acteur qui m’était inconnu Bokeem Woodbine. Puis, deux personnages qui m’ont aussi interpellée, l’indien Hanzee Dent interprété par Zahn McClarnon pour son côté mystérieux et l’avocat Karl Weathers joué par Nick Offerman pour ses tirades rocambolesques.

L’histoire est bien ficelée et prenante, les dialogues sont bons et les personnages fabuleux. Vivement que la saison 3 sorte (prévue pour 2017 normalement) et prolonge mon adoration pour Fargo et son univers.