The LEFTOVERS

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The leftovers est un série télévisée américaine créée par Damon Lindelof et Tom Perrota. Elle est réalisée par Peter Berg, Keith Gordon, Leslie Linka Glatter et Mimi Leder. La saison 1 est composée de dix épisodes. Diffusée depuis le 29 juin 2014 sur HBO et en France depuis le 30 juin 2014 sur OCS City en VOSTFR.

Résumé :
Un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la Terre. Ces gens, de tous âges, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l’angoisse et le désespoir. Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgade de Mapleton, une petite ville près de New York, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui s’est passé, ni ceux qui ont disparu. À l’approche des cérémonies de commémoration de la Disparition, le chef de la police locale, Kevin Garvey, est en état d’alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule, aux revendications mystérieuses, comparable à une secte.

Hello shining people !

The leftovers, dont la traduction littérale serait « les laissés-pour-compte », est une série très particulière, que j’ai eu beaucoup de mal à cerner. Dès le premier épisode, j’ai ressenti une grande curiosité et une forte émotion. J’ai été submergée par l’ambiance mystérieuse et étrange, du fait de la disparition d’une grande partie de la population mondiale soudaine et inexpliquée. L’atmosphère est également pesante et triste ; après trois ans les gens ne semblent pourtant pas remis, et même si en apparence la ville de Mapleton n’a pas changé, la frustration des habitants est lancinante.

J’ai poursuivi mon chemin dans cette histoire, tout en me demandant à la fin des premiers épisodes si j’appréciais ou non cette série, et si je lui trouvais un intérêt. La série était déjà en train de faire effet sur moi, et ces questions là, faisaient partie de la volonté de cette série. J’ai alors compris que l’histoire n’était pas tant tournée vers les causes de la Disparition que sur les conséquences qu’elle produisait sur les gens, en l’occurrence sur certains habitants de Mapleton. Cette idée est d’après moi la résolution de la série, et l’on ignore où elle veut nous mener et si elle veut nous mener quelque part, sinon vers des questionnements.

Cela m’a alors amenée à me questionner sur la vie, l’humanité, la morale, et la spiritualité. Des thèmes abordés à travers des personnages, qui tentent de se reconstruire, d’oublier ou bien au contraire de ne pas passer un moment sans se rappeler et rappeler aux autres combien il est impossible de vivre comme avant. J’ai fortement ressenti la dimension religieuse, dès le générique, et particulièrement incarnée par le prêtre Matt Jamison, pour qui la Disparition est une épreuve imposée par Dieu. D’un autre côté, de nombreuses sectes voient le jour, telle que les Coupables Survivants. Ils sont chargés de transmettre leur « croyance » en surveillant des gens, en leur renvoyant l’image de la terrible Disparition, pour tenter ainsi de recruter des personnes, souvent affaiblies et perdues. Ils prônent le silence, ne communiquent donc que très peu et par écrit, et ils fument sans interruption pour proclamer leur foi, comme ils le revendiquent, bien qu’ils soient agnostiques. Il y a également des apparitions de « guides », qui s’autoproclament guérisseurs ou sauveurs, et illustrent la dimension de croyance aveugle. Parmi toutes ces dérives engendrées par une telle situation, on peut noter le recours à la violence, notion omniprésente et montrée de manière extrême parfois, donnant lieu à des scènes très dures, dont une particulièrement insoutenable. Cela souligne tout simplement la cruauté dont l’homme peut faire preuve dans un tel contexte. Même si ce n’est pas une série du genre fantastique, il y a un côté un peu surnaturel et chimérique. En effet, le rêve est parfois mêlé à la réalité, comme pour le personnage principal, Kevin Garvey, qui fait du somnambulisme. Tous ces thèmes sont à mon sens des sujets sensibles, qui soulèvent beaucoup de questions et divisent les opinions mais sont ici abordés avec intelligence.

Par ailleurs, je trouve la mise en scène de la série épatante, où le rythme est lent mais captivant. Il y a un vrai équilibre entre chaque épisode, et certains sont élaborés comme des portraits de personnages, ce qui permet de mieux comprendre leur psychologie. La qualité des images est superbe, avec des couleurs et une lumière toujours bien adaptées aux plans. La musique du compositeur Max Richter, joue également un rôle primordial, et ajoute une telle intensité aux images qu’elle contribue à l’expérience sensorielle de la série. Les morceaux surviennent à des moments toujours très forts émotionnellement et certains sont même associés à des personnages. J’aime vraiment beaucoup cette réalisation, très esthétique, puissante et digne d’un cinéma d’auteur.

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Le jeu des acteurs est l’un des aspects de la série que j’apprécie le plus et il représente l’âme de la série, qui repose plutôt sur ses personnages que sur l’action. En effet, on se focalise directement sur les personnages principaux, aux caractères très forts et sur les relations qui se créent entre eux.
Kevin Garvey, joué par Justin Theroux, est le personnage principal ; il est agent de police, père de deux adolescents, séparé de sa femme partie rejoindre la secte des Coupables Survivants. C’est un homme perdu mais qui lutte pour rester un père rassurant, maintenir l’ordre à Mapleton en exerçant son travail, tenter de récupérer sa femme et gérer ses traumatismes liés au choc de la Disparition. Je trouve son personnage admirable, dans son humanité et sa vulnérabilité ; et l’acteur, que je découvre dans ce rôle, a beaucoup de talent. Le second rôle, qui d’après moi est à noter, est celui de Nora Durst interprété par Carrie Coon. C’est une femme qui a perdu dans la Disparition, son mari et ses deux enfants, elle est donc totalement abandonnée. Elle est brisée et meurtrie, mais elle travaille tout de même pour le Département de la Disparition. Son métier consiste à interroger des proches des personnes disparues, durant un entretien filmé, avec un questionnaire incongru de 150 questions, pour évaluer l’indemnisation qu’ils pourront recevoir. Son rôle m’emballe un peu moins mais je m’y suis attachée petit à petit. Laurie, joué par Amy Brenneman, l’ex-femme de Kevin, et mère de leur fille Jill, est un personnage que j’aime beaucoup. Elle apparaît telle une mère indigne quittant son foyer, mais paradoxalement comme une femme forte, par sa détermination et son implication au sein de la secte des Coupables Survivants. Elle était autrefois psychologue, et je me suis demandé comment elle avait pu délaisser sa famille pour rejoindre cette secte, pour s’infliger le silence, les contraintes de cette vie militante, les surveillances nocturnes dans le froid, et les conditions de vie très précaires et rudes. Je trouve l’actrice remarquable, d’autant que son rôle est quasiment muet, mais elle réussit parfaitement à retranscrire ses émotions. Un autre personnage, qui est pour moi très marquant, est le révérend Matt Jamison interprété par Christopher Eccleston. Il est aussi le frère de Nora, et sa femme Mary est devenue tétraplégique le jour la Disparition dans un accident de voiture. Il interprète cette Disparition à la manière d’un homme de foi, mais malgré son désarroi et sa peine il tente d’apprendre de cet enseignement et accepte son sort. L’acteur est très fort, il arrive à mettre mal à l’aise par sa prestance et sa conviction ; il m’a également fait éprouver de la pitié quand il se fait piéger par sa dévotion pour les autres. Pour finir, je trouve que les personnages de Patti Levin, la dirigeante des Coupables Survivants de Mapleton joué par Ann Dowd, et Meg une jeune recrue de la secte interprétée par Liv Tyler, sont étonnants et très intéressants bien que secondaires.

Pour moi cette série est une expérience, elle pose de nombreuses questions métaphysiques, et elle offre des émotions fortes. C’est une étude psychologique dans un contexte inédit, puisqu’il est dû à un phénomène inexplicable. Tout l’intérêt de cette série est de voir la difficulté de vivre après la perte d’êtres chers sans qu’ils ne meurent pour autant et sans savoir où ils sont. Par définition, une personne qui n’est plus là est forcément décédée, alors que pour « les laissés-pour-compte » c’est différent, sachant qu’ils ne peuvent pas envisager cette vision des choses. Donc il leur est très difficile de concevoir cette idée car elle n’est pas « naturelle ».
Pour aller plus loin, j’ai ensuite lu le roman de Tom Perrotta, « Les disparus de Mapleton », dont la série est inspirée. Il raconte la même histoire, avec quelques différences considérables sur le caractère des personnages et sur la tournure des évènements. Cependant j’ai retrouvé des scènes identiques à la série et j’ai pu prendre du recul, et obtenir des détails supplémentaires sur les personnages notamment. Cependant, j’ai été beaucoup moins touchée par l’écriture, un peu pauvre et crue, et le côté dramatique est nettement affaibli bien qu’il y ait des passages très durs et cruels.

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Recherche jeune femme aimant danser – Mary Higgins Clark

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Résumé :

« Peut-être l’occasion de trouver le prince charmant… » Erin et Darcy estimaient plutôt amusant de répondre aux petites annonces de la rubrique « Rencontres » pour aider une amie à préparer un reportage télévisé. Beau sujet de reportage, en effet : il y a toutes sortes de gens derrière l’anonymat des annonces… Et la romancière de La nuit du renard, Grand Prix de littérature policière, experte en pathologie criminelle, nous entraîne, sur les pas de ses héroïnes, dans un suspense de cauchemar.

 

Hello shining people !

J’ai enfin lu mon premier roman de Mary Higgins Clark. Une auteure réputée pour ses nombreux policiers, un genre que j’aime particulièrement depuis peu de temps. Recherche jeune femme aimant danser est paru en 1991 (mon année de naissance d’ailleurs) et a été adapté en téléfilm et diffusé aux États-Unis en 2001.

L’intrigue dure environ un mois et se déroule à New-York. J’ai bien aimé l’idée, bien qu’elle soit plutôt banale, d’un tueur se servant des petites annonces pour assouvir son besoin d’ôter la vie à des jeunes femmes jolies et aimant la danse. Je suis rapidement rentrée dans l’histoire, il y a beaucoup de descriptions et je me suis vite attachée aux personnages principaux de Darcy et sa meilleure amie Erin. Cependant, je me suis perdue au fil des chapitres avec l’apparition de beaucoup trop de personnages. Ils se ressemblaient un peu tous et après avoir laissé le livre de côté quelques jours, je me mélangeais les noms. Ce n’était pas agréable à la lecture, même si c’est sûrement volontaire, et un moyen de nous perdre parmi tous les suspects éventuels. Mais ça m’a vraiment dérangée, d’autant qu’à la fin du livre, je n’ai pas perçu le lien de certains personnages avec l’enquête. Je reconnais tout de même que l’habileté de l’écriture, m’a menée sur une fausse piste du coupable, et m’a bien surprise à la fin.

Toutefois, j’ai bien aimé le cadre de cette enquête. Tous les personnages sont aisés à très riches, ils possèdent de superbes maisons ou appartements, ils prennent des taxis, vont souvent au restaurant. Ce ne sont donc pas des crimes commis sur fond de misère mais plutôt dans une ambiance luxueuse. L’ambiance est même un peu girly. Entre l’amitié des deux jeunes femmes, leurs métiers, leurs rendez-vous et leurs rencontres avec des hommes plus ou moins séduisants, je trouve que cela en fait un roman assez moderne.

Au début j’ai trouvé l’univers de l’assassin très glauque et puis cela s’est un peu estompé, sûrement grâce à l’ambiance générale clinquante et assez légère. Le côté psychopathe n’est pas tant accentué finalement. Malgré l’enquête pour retrouver ce tueur en série, je n’ai pas vraiment ressenti le suspense. Je n’ai pas réussi à me plonger véritablement dans ce roman et je suis passée à côté surtout à cause de ma confusion dans les différents personnages.

Pour un premier roman de cette écrivaine, je suis donc un peu déçue. Peut-être que si je m’étais plus concentrée dessus et que je l’avais lu plus assidûment je l’aurais mieux apprécié. Je compte dans tous les cas lire un autre de ses romans un jour.

 

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut

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 » Certains ne deviennent jamais fou… Leurs vies doivent être bien ennuyeuses. » Charles Bukowski

 

Résumé :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

 

Hello shining people !

J’ai décidé de lire ce livre après avoir vu sa présentation dans l’émission « La grande Librairie », il est sorti ce début janvier, et c’est une belle lecture, très prometteuse, pour un premier roman de cet auteur.

C’est un roman qui m’a chamboulée, je suis passée du rire aux larmes, surtout aux larmes en fait. C’est assez rare que je me laisse à ce point prendre par les sentiments par un livre. Tout au long de ma lecture, j’éprouvais de la mélancolie, de la nostalgie et j’avais un mauvais pressentiment. Certes, c’est aussi drôle et je voulais profiter, rire et voir la vie totalement différemment, être libre comme le sont ces personnages, mais je ne pouvais pas ignorer ce qui planait sur eux. Je tentais de me raccrocher au ton léger et plein d’humour, pour ne pas trouver l’histoire trop triste, mais je n’ai pas pu m’empêcher de réaliser à quel point elle est déchirante. Plus les personnages me paraissaient géniaux et attachants, plus je voyais le petit rien qui clochait chez eux devenir un fléau. Ce grain de folie, qui les rend exceptionnels, dépassé un certain point, devient irréversible. Pour moi c’est ce qui a été le plus dur à supporter, savoir que ce que j’admirais chez eux allait les mener à leur perte.

En effet, les personnages sont tous formidables. Le père, Georges, charismatique et admirable, prêt à tout pour sa femme et son fils, voit la vie comme un jeu. Il parle comme un conteur, il a le sens de la formule et des anecdotes invraisemblables à raconter. La mère, qui porte un nom différent chaque jour (avant-goût de schizophrénie), est douce, elle aime son mari et son fils à la folie, elle vit dans une douce folie. Je me suis un peu identifiée à elle, en tant que femme, pas en tant que mère vu que je ne le suis pas encore, quand elle rencontre son futur mari. Je me disais, elle a raison, elle fait bien d’être un peu folle, je trouvais qu’elle exagérait mais je me disais qu’elle aurait le temps de s’assagir. Puis il y a celui qui raconte cette histoire, le petit garçon, dont on ignore le nom, mais qui est au cœur de cette famille fantaisiste. C’est à travers ses yeux que j’ai le plus ressenti la tristesse. D’abord parce qu’il admire infiniment ses parents et puis parce qu’il se rend compte petit à petit que quelque chose ne tourne pas rond chez sa mère. J’ai trouvé très touchante la façon dont il tente de comprendre et justifier le comportement de ses parents. Sans oublier leur oiseau exotique de compagnie, Mlle Superfétatoire, incarnant la touche loufoque et un caprice supplémentaire de la mère.

Concernant la plume de l’auteur, j’ai eu un peu de mal au tout début, à me faire au style. Mais c’est une très jolie écriture, tout en poésie, jouant avec les mots et les expressions d’une manière très ingénieuse. À tel point que cela donne un rythme musical, comme l’effet d’un refrain, lorsque certaines phrases sont reprises à plusieurs moments. D’ailleurs, « Mr. Bojangles » de Nina Simone, est leur chanson fétiche. Je l’ai écoutée en lisant, et tout l’album en boucle. Je ne la connaissais pas, elle est très belle et a rajouté une dimension à ma lecture, m’immergeant encore plus dans la frénésie. Je trouve l’idée d’associer une musique à un livre judicieuse, car l’empreinte de l’histoire s’ancre d’autant plus dans la mémoire du lecteur.

Ainsi, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, c’est un petit coup de cœur. Je regrette juste qu’il n’ait pas été un peu plus étoffé, j’aurais voulu en lire plus, sur les débuts du couple notamment.

« Afin de m’instruire, mes parents ne manquaient pas d’idées. Pour les mathématiques, ils me déguisaient avec des bracelets, des colliers, des bagues, qu’ils me faisaient tout enlever jusqu’au caleçon pour les soustractions. Ils appelaient cela « le chiffre-tease », c’était d’un tordant. »

FARGO – Saison 2

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Hello shining people !

Je viens de finir la saison 2 de la série Fargo et elle vaut bien une petite chronique. Lorsque j’avais écrit l’article sur mes séries du moment, je l’évoquais alors, et n’étais pas encore convaincue. Il a suffi d’arriver au troisième épisode pour me faire succomber.

Pour rappel, c’est une série américaine, d’anthologie (dont le casting diffère d’une saison à l’autre), créée par Noah Hawley. Elle est basée sur le film « Fargo » des frères Coen, qui en sont également les producteurs. Du genre comédie noire et thriller, elle est composée de 10 épisodes de 40 minutes environ. J’avais adoré le film avant tout puis la saison 1 et j’avais hâte de continuer par la saison 2.

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Les faits qui se déroulent dans la saison 2 datant de 1979, sont antérieurs à la saison 1 où l’histoire se passe en 2006. On revient sur une affaire impliquant l’esthéticienne Peggy Blomquist (Kirsten Dunst) et son mari, le boucher Ed Blomquist (Jesse Plemons) et une grande famille criminelle locale. Le jeune couple va se retrouver malgré lui, en guerre contre cette famille, qui est elle-même traquée par le capitaine Lou Solverson (Patrick Wilson) et son beau-père le sheriff Hank Larsson (Ted Danson). C’est là que le fameux incident de Sioux Falls (évoqué par Lou un des personnages qui figure aussi dans la première saison) aura lieu.

Bien que ce soit une anthologie, il y a un lien entre les deux saisons, puisque les personnages de Lou et sa fille Molly, apparaissaient déjà dans le saison 1 mais 27 ans après.

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Cette deuxième saison se passe dans les années 70, ce qui change vraiment l’ambiance, notamment par la décoration intérieure et le style vestimentaire. En effet, les personnages ont le total look, pantalons pattes d’eph, chemises à grands cols, et coiffures ou coupes de cheveux à la mode de l’époque. Le cadre est ici planté entre les États du Minnesota, du Dakota du Sud et du Nord, dans des villes telles que Luverne, Kansas City et Sioux Falls, offrant de belles images du Nord de l’Amérique frontalière du Canada. J’aime particulièrement ces paysages silencieux, les vastes étendues enneigées et les grandes forêts hivernales, même si je trouve l’atmosphère moins glaçante que dans la saison 1.

En effet, dans cette saison il y a également une vraie chasse à l’homme. Mais comme les personnages « méchants » sont plus nombreux, et sachant qu’il s’agit aussi d’une famille, il y a un côté moins effrayant. Cette fois encore un bon citoyen se retrouve impliqué dans une affaire qui lui tombe dessus et va chambouler sa vie. Il va vite être dépassé, il commet une erreur puis toutes les autres s’enchaînent et il ne peut plus revenir en arrière, ou ne veut plus… C’est un cas de figure qui prête à des quiproquos et des situations un peu déjantées. Les parties qui s’affrontent ne se connaissent pas, et ignorent de quoi chacun est réellement capable. L’ignorance est mêlée au désir de vengeance, ce qui ne peut qu’aboutir à un massacre. Ce qui est amusant c’est de voir les personnages qui en essayant de régler leurs problèmes s’y enfoncent encore plus. Mais parfois, sans le vouloir, ils arrivent à déjouer les mauvaises intentions et à s’en sortir provisoirement.

Enfin, je note surtout les supers jeux d’acteurs. Mention spéciale à Kirsten Dunst, j’ai toujours trouvé que c’était une bonne actrice, ce qui s’est confirmé dans cette série, même si au début son rôle m’agaçait un peu, j’ai beaucoup aimé son évolution. Son mari aussi incarne parfaitement le jeune entrepreneur de classe moyenne un peu simplet, grâce à l’acteur Jesse Plemons, qui jouait d’ailleurs dans un film que j’ai vu il y quelques temps, Strictly Criminal. La famille des Gerhardt est haute en couleurs avec des membres plus extravagants les uns que les autres. Dans le rôle des sales voyous qui m’ont marquée, il y a le fils Dodd Gerhardt joué par Jeffrey Donovan, et l’homme de main du syndicat de Kansas City, à tendance philosophe et très charismatique, Mike Milligan, campé par un acteur qui m’était inconnu Bokeem Woodbine. Puis, deux personnages qui m’ont aussi interpellée, l’indien Hanzee Dent interprété par Zahn McClarnon pour son côté mystérieux et l’avocat Karl Weathers joué par Nick Offerman pour ses tirades rocambolesques.

L’histoire est bien ficelée et prenante, les dialogues sont bons et les personnages fabuleux. Vivement que la saison 3 sorte (prévue pour 2017 normalement) et prolonge mon adoration pour Fargo et son univers.

Mon chien Stupide – John Fante

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Résumé :

D’origine italienne, Henry Molise vit en Californie, mais garde au fond de lui son rêve de partir vivre à Rome pour retrouver ses origines. Mais ce rêve est également symptomatique du mal-être qui l’habite. Auteur de scénarii minables, père de quatre ados-adultes indignes, relations instables avec sa femme, Henry se demande où est sa vraie place. Jusqu’à l’arrivée de Stupide, un énorme chien errant qui a élu domicile chez cette famille -pas si- atypique.
Ce nouveau venu va faire remonter à la surface les rancœurs, les vraies personnalités, et les vérités de chacun. Henry doit alors faire des choix entre ses rêves et sa famille, pour trouver la stabilité qui calmera ce joyeux bordel à l’américaine.

Hello shining people !

Ce livre m’a été prêté par ma mère, qui l’avait lu il y a des années et qu’elle avait beaucoup aimé. Je me suis laissée guider par son avis, car ma mère est une grande lectrice aguerrie et je ne remettrais jamais, au grand jamais, en cause ses goûts littéraires.

C’est ainsi, le premier livre de cet auteur que je lis, et je pense qu’il faudra que j’en lise un autre, parce que je n’ai pas été convaincue par celui-ci, par contre, j’ai bien aimé la plume. John Fante, Américain fils d’immigrants italiens, parle de lui à travers ses romans. L’histoire est racontée à la première personne par le père, que l’on suit durant une période de sa vie pour le moins mouvementée. Henry incarne l’écrivain raté, qui n’est jamais satisfait de son travail, qui ne prend pas le temps de s’atteler à un roman,  se contente d’écrire de mauvais scenarii, et dont la femme a un vrai talent pour l’écriture. L’auteur montre ainsi les problèmes que rencontrent les écrivains, le côté peu rentable du métier et les concessions que cela pousse à faire.

Bien que le thème ne m’inspire pas tellement, c’est un livre court et je me suis dis qu’il se lirait vite. J’ai toujours une réticence à lire des livres qui parlent principalement d’animaux, domestiques surtout. C’est un sujet sensible pour moi et je suis sûrement difficile et n’ai pas assez lu de livres à ce sujet pour réellement pouvoir en juger. Peut-être parce que j’aime beaucoup les animaux, la liberté qui émane d’eux, et que je n’aime pas le regard supérieur porté sur eux. Ici, on voit déjà dans le titre, que le chien s’appelle Stupide. Ils auraient pu l’appeler Malin ou Brillant. Ce qui aurait été dans l’excès inverse et donc pas forcément plus « choquant », mais bon ce n’est qu’une fiction. Mais voilà, il s’appelle Stupide, sûrement qu’il doit l’être et qu’il y a une bonne raison. Et pourquoi cette raison ne serait pas que ses maîtres sont stupides ? Il faut bien l’être un peu pour décider d’appeler son chien par ce nom…

Certes, c’est un livre drôle et ironique, il y a beaucoup de situations comiques et les dialogues sont, entre le père et sa femme ou ses enfants plutôt amusants. Mais aussi, ce livre traite de moments importants dans une vie de parents, comme voir ses enfants quitter le foyer familial, fonder leur propre famille ou s’épanouir dans un métier. Ces étapes ne se passent pas dans la plus grande sérénité et bouleversent les habitudes du couple. À tous ces évènements, s’ajoute l’apparition du chien, qui sera un autre point de discordance entre les membres de la famille. Ceux qui veulent le garder contre ceux qui le détestent, chacun pour diverses raisons. Le chien agit bizarrement et s’attire des ennuis, mais parvient à se faire une place parmi cette famille. On peut s’imaginer qu’il est soit la source de toutes leurs disputes, soit une excuse pour oser se dire les choses franchement, ou encore une solution qui leur apportera équilibre et force. J’ai trouvé que dans l’histoire le chien n’est qu’un moyen et pas une fin en lui-même. Je ne sais pas si l’auteur a voulu montrer si le chien au sein d’un clan familial a une place ou alors si sans lui les choses se seraient passées exactement de la même façon.

Ce roman me laisse avec des questionnements. Je n’ai pas été happée par l’histoire mais par la manière d’écrire, cynique, franche, et riche. C’est pourquoi je compte lire un autre roman de ce même auteur, « Bandini » ou bien « Pleins de vie ». Pour moi c’est donc un bon roman tragi-comique mais peut-être pas assez « moderne ».

Extrait :

« Nous sommes revenus sur nos pas, Stupide entre nous, sous un feu roulant d’aboiements. Je savais pourquoi je voulais ce chien. C’était clair comme de l’eau de roche, mais je ne pouvais pas le dire à Jamie. Ça m’aurait gêné. En revanche, je pouvais me l’avouer franchement… »

Les Huit Salopards

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Résumé :

Quelques années après la fin de la guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth fait route vers la ville de Red Rock où il doit livrer à la justice sa prisonnière, Daisy Domergue. Ils rencontrent sur la route le major Marquis Warren, un ancien soldat de l’Union devenu lui aussi chasseur de primes et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Alors qu’ils sont surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans un relais de diligence où se trouvent déjà quatre autres personnes : Bob, qui s’occupe du relais en l’absence de la propriétaire, Oswaldo Mobray, le bourreau de Red Rock, le conducteur de troupeaux Joe Gage et le général confédéré Sanford Smithers. Coincés par la tempête, les huit voyageurs vont s’engager dans une série de tromperies et de trahisons

 

Hello shining people !

J’attendais avec impatience d’aller voir le dernier film de Quentin Tarantino, mais ayant lu et entendu beaucoup de mauvaises critiques j’avais un peu d’appréhension et peur d’être déçue. Étant donné que j’avais aimé tous ses films, je comptais aller le voir dans tous les cas et m’en faire ma propre opinion. Et j’ai bien fait parce que je l’ai adoré ! Il est certes long mais en comparaison avec « Django Unchained » son film précédent (qui dure 3h également) je n’ai pas vu le temps passer.

Je ne suis sûrement pas très objective vu que d’emblée je sais que je vais aimer le style puisque c’est celui de Tarantino. Pour autant, j’ai été comblée, car tout ce qui me plaît dans ses films, et c’est pour cela que je vais les voir, se retrouve dans celui-ci. Ce qui est génial, c’est que même si ses films sont quasiment tous réalisés de la même manière, je ne m’en lasse pas.

À commencer par la construction, sous forme de chapitres, comme dans un roman. Puis avec la voix off, qui commente les scènes, visant directement le spectateur afin qu’il s’implique dans l’intrigue, cela ajoute un effet romanesque. Mais encore avec un scénario puissant, à travers des dialogues impétueux, des répliques tranchantes, sans cesse agrémenté d’insanités. J’admire la mise en scène, très étudiée, et l’équilibre dans l’enchaînement des plans. Une importance est accordée aux noms  de chaque personnage. Ainsi, j’ai l’impression que Tarantino prend plaisir à imaginer tout ça, qu’il s’amuse, et cela transparaît dans le ton du film.

Les personnages sont aussi incroyables, tous plus impitoyables les uns que les autres, mais deviennent pour certains attachants. Comme le chasseur de primes, John Ruth, presque émouvant avec son caractère de vieil ours, et aussi Daisy la furie qui a réussi à m’enchanter à un moment. Mention spéciale à l’acteur Walton Goggins qui joue le rôle du shérif Mannix, très agaçant mais au final assez hilarant ! J’adore également les acteurs Samuel L Jackson, Tim Roth et Kurt Russell, parfaits dans leurs rôles.

C’est un western revisité, baigné de violence et de grossièreté, avec une ambiance pesante et soupçonneuse. Il se déroule comme une enquête en huis-clos, avec un petit côté énigmatique digne d’un polar et qui m’a un peu fait penser au film « Le mystère de la chambre jaune », lorsque des passages sont montrés sous des angles différents.  Les salopards se méfient donc tous les uns des autres, jusqu’à l’élément déclencheur, où tout bascule. Je précise que la bande son, composée par Ennio Morricone, est superbe.

Toutefois, j’ai énormément ri, aussi bien lorsqu’il y avait des situations drôles, où les personnages s’esclaffent vulgairement que lors de scènes ridiculement immondes. Ce qui m’a le plus plu, je crois, c’est que j’ai été surprise pendant tout le film, même si certaines choses étaient prévisibles, je ne m’attendais pas à chaque dénouement.

La magie de Tarantino a une fois de plus opéré et pour mon premier film au cinéma de l’année 2016 c’est une réussite.

L’étrangleur de Cater Street – Anne Perry

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Sherlock Holmes en jupons, la divine Charlotte dénoue sont premier crime et inaugure une longue série d’enquêtes haletantes, dévoilant une Angleterre victorienne pleine de secret.

Résumé :

Suffragette avant l’heure, la téméraire Charlotte Elisson n’aime ni l’étiquette ni le badinage des jeunes filles bien nées. Dévorant en cachette les faits divers des journaux, sa curiosité la mêlera à une affaire des plus périlleuses, aux côtés du séduisant inspecteur Pitt de Scotland Yard. Dans le Londres des années 1880, le danger guette et les femmes en sont la proie…

Hello shining people !

Grâce à mademoisellemaeve et sa chronique, j’ai eu envie de me plonger dans ce roman qui est le premier d’une longue série (une trentaine d’œuvres) dans lesquelles nous suivons les enquêtes de Charlotte Ellison et l’inspecteur Thomas Pitt.

Par ailleurs, j’ai appris que l’auteure Anne Perry avait eu un passé assez atypique puisqu’elle est allée en prison, dans sa jeunesse, suite à une histoire sordide. Fait divers qui fut aussi l’objet d’un film, « Créatures célestes » réalisé par Peter Jackson, dans lequel Kate Winslet incarne Anne Perry.

Tout d’abord, le lieu, Londres et l’époque, victorienne, où l’histoire se déroule me fascinent, et d’autant plus lorsqu’à cela se mêle le crime. Pour Charlotte, qui vit avec sa famille aisée non loin de Cater Street, les conventions et la place de la femme dans la société ne lui plaisent guère. Elle veut en savoir plus sur la réalité du monde qu’on essaye de lui cacher, et tel sera son souhait exaucé, puisque d’affreux meurtres vont être commis dans son quartier.

Ce que je retiens en particulier ce sont les dialogues, la manière de converser, savamment empruntée, bienveillante mais aussi parfois piquante et spirituelle. Notamment lors des échanges entre Charlotte et l’inspecteur Pitt, où l’on mesure l’importance du choix du ton et de chaque réplique. Je trouve que ce style apporte une légèreté aux évènements dramatiques.

Je me suis prise au jeu de l’enquête, menée par l’inspecteur Pitt, le personnage que j’ai le plus apprécié, très doué dans ses interrogatoires. D’autre part, la recherche du coupable va trahir des comportements au sein des relations familiales, et faire surgir des secrets honteux. Enfin, je dirais que le suspense est présent mais pas étouffant.

D’après moi c’est un bon roman policier et une bonne entrée en matière dans les aventures de Charlotte et de l’inspecteur Pitt, que j’ai bien l’intention de continuer à découvrir.